Aɣyul n baba Lewnis

Voici un texte d’Ameziane Kezzar. Il s’agit d’une adaptation au contexte kabyle du poème de Paul Fort « le petit cheval blanc« .

Georges Brassens l’a mis en musique.

Atan yiwen weḍris sɣur Ameẓyan Kezzar. Yerra ar umnaḍ aqbayli asefru  » ayyis (aɛudiw) awezzlan amellal » n umedyaz Paul Fort. Isudes-as aẓawan u icenna-t Georges Brassens.

Ecouter, voir le texte et sa traduction (attention il s’agit de la traduction du kabyle vers le français de l’adaptation d’Ameziane Kezzar, et non du texte original d’inspiration du poète français Paul Fort).

Sel, ẓer aḍris d tsuqqelt-is si weḍris s teqbaylit ar tefransist


Une perle berbère tirée de l’ouvrage d’Ameziane Kezzar « Brassens : Tuɣac d isefra » . Editions / Tiẓrigin Achab 2015.

 

Aɣyul n baba Lewnis                      L’âne de papa Lounis

Ur yessin tafsut                                       Ne connaît pas le printemps.

Ḥaca ccetwa mm wegris,                       Il n’y a que le gel de l’hiver

I t-yeṭṭfen di tmurt.                                 Qui le retient au pays.

Aɣyul n baba Lewnis                      L’âne de papa Lounis

Yezga di lexla.                                          Vit à la campagne (à l’extérieur)

Akkenni i d-yusa wass,                          Dès que le jour se lève

A t-yeks umeksa !                                   Le berger le fait paître !

Aɣyul n baba Lewnis                     L’âne de papa Lounis

Yezga d aqlaqal.                                     Va en claudiquant

Ulac ɣer wac’ara iḥir,                            Il n’y a rien pourquoi se presser

Yegwra neɣ yezwar.                              Qu’il suive ou qu’il précède.

Aɣyul n baba Lewnis                     L’âne de papa Lounis

Yezga yettaḍsa.                                      Est toujours satisfait

Ɣas tabarda af weɛrur-is,                    Même avec un harnais de plomb sur son dos

Tiɣrit, rrekba…                                     Les coups, les voyages…

Aɣyul n baba Lewnis                  L’âne de papa Lounis

Ssnen-t akw medden.                        Tout le monde le connaît

Di taddart m’a d-iɛeddi,                    Quand il traverse le village

Arrac akw feṛḥen.                               Tous les enfants se réjouissent.

Aɣyul n baba Lewnis                 L’âne de papa Lounis

Yemmut deg uḥeggan.                      Est mort par mauvais temps

Yemmut ur yeẓri tafsut,                   Il est mort sans voir le printemps

Arrac akw cfan.                                  Tous les enfants s’en souviennent.

Vocabulaire / Amawal :

Aqlaqal : qui claudique, n’est pas d’aplomb

iḥir : se presser

tabarda : harnais (de plomb)

tiɣrit : les coups

rrekba : voyages

aḥeggan (u) / iḥegannen (calendrier agraire) : période de mauvais temps de l’année agricole d’une quinzaine de jour qui s’étend de fin février à début mars ; habituellement période de froid et de vent.

 

ɣer ar zdat

Si Mohand – L’épreuve d’amour

Cette lecture proposée par un adhérent est celle d’un texte du très grand Si Mohand ou Mhand (présumé né entre 1840 et18 45 – décédé le 28/12/1905).

Deuxième parti du XIXᵉ siècle, il  décrit dans son œuvre une société kabyle bouleversée et dépossédée par le colonialisme. Ses textes sont courts, incisifs et accompagnent sa vie d’errance et de poète du peuple. Peu de poètes auront avec leur œuvre et leur vie, autant que lui fait corps avec leur peuple et sa langue.

Découvrez ou redécouvrez ce génie classique du verbe kabyle dans l’ouvrage que Mouloud Mammeri lui a consacré (Les isefra, poèmes de Si Mohand Ou Mhand / paru en 1969).

Taluft n Tayri             L’épreuve d’amour

Lemnam agi d bu-tlufa                      Décevants sont les rêves

Urgaɣ Yamina                                      J’ai crû voir Yamina

Attaya m-udem imserri                     S’avancer le visage plein de grâce

Lebsa-ines d lfuda                              Elle portait la fouta (foulard kabyle)

Agus d sfifa                                          Ceinture de fil de laine

Taksumt-is d afilali                            Son teint avait l’éclat du filali (cuir rouge scintillant)

Ukwiɣ-d ur ufiɣ ara                           Je m’éveillais et rien

Wwteɣ di tsumta                               Je m’en pris à l’oreiller

Fkiɣ-tt lwaɛd imeṭṭi.                         Et fondis en larmes.

 

Déraciné et seul, Si Mohand devient un poète errant. Il emprunte à son expérience les thèmes de l’exil, de l’amour de sa terre natale, de l’amour et du destin. Le poète aurait par ailleurs juré de ne jamais répéter deux fois le même poème, de sorte que seule la mémoire populaire a permis de conserver son œuvre.

Les Isefra (le mot signifie les « poèmes » en berbère, au singulier Asefru), ont été publiés sous forme de recueils à plusieurs reprises, notamment par Amar n Said Boulifa en 1904, Mouloud Feraoun en 1960, Mouloud Mammeri en 1969 (et Larab Mohand Ouramdane au Maroc en 1997). D’autres poèmes de Si Mohand ont été recueillis et publiés à compte d’auteur à Alger en 2000 par Younes Adli.

Un siècle après sa mort, une stèle est érigée à la mémoire du poète errant à Akbou (vallée de la soummam).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_Mohand_Ou_Mhand

https://kab.wikipedia.org/wiki/Si_Muḥend_u_Mḥend

credit photo : @berberewoman

Oublié (Win Ttun)

Pour sa 23ème édition Tafsut Imedyazen (Printemps des Poètes) a pour thème « le désir ».

Le choeur Tilawalin nous fait découvrir deux textes du poète lyonnais Malek CHELIL (1952-2004). Vous constaterez son talent en français, comme en berbère. La poésie n’a pas de frontière. Elle fait vibrer toutes les langues.

Mise en musique : Yuva Mohammed Maakni.

ɣer ar zdat

CHANTS PAIENS DE KABYLIE

                 CHANTS PAIENS DE KABYLIE

                        « Tiwizi, izlan n at-wagrakal »

Un projet et un travail sur la musique et la poésie sacrées kabyles.



les auteurs de ce double CD (textes et traductions inclus) nous proposent de faire sentir et de faire entendre l’étendue des racines de la Kabylie et de ce que pouvait être le divin pour les ancêtres, grâce à la force de leurs liens avec Dame Nature.
Chanter les dieux grecs et latins en kabyle, sur des mélodies traditionnelles, interprétées par différents artistes, c’est le voyage homérique proposé par les auteurs : Ameziane Kezzar et Mohand Lounaci.


Et c’est tout simplement magnifique ! A découvrir…..


Un autre projet est à découvrir dans son entièreté
http://tisnalalit.com/index.php/2017/05/20/chants-paiens-de-kabylie/

 

 

ALI AMRAN TIDYANIN

UNE NOUVEAUTE MUSICALE….

Ali Amran nous offre ses dernières créations dans un CD intitulé « Tidyanin » (péripéties). 11 titres de chansons excellemment écrites, interprétées avec une grande maîtrise sur des textes qui nous interrogent toutes et tous, sans oublier sa musique style folk et/ou pop-rock qui garde malgré tout le chaloupé kabyle.


Ce magnifique artiste nous offre une création particulièrement aboutie dans ce nouvel opus.


Chapeau Monsieur Ali Amran !
Awal apprécie l’artiste que vous êtes !