Le chacal et le lion

Nous ouvrons une nouvelle page bilingue français-berbère à l’attention particulièrement des familles et des enfants pour faire découvrir, en vrai par le texte, le patrimoine des contes d’Afrique du Nord. Nous vous souhaitons bonnes lecture et écoute !

Atan neldi asebter amaynut asinutlayan tafransist-tamaziɣt i twaculin d tarwa akken ad issinen – s tidett deg yeḍrisen – ayla n tmucuha n Tefrikt Ugafa. Nbudd-awen taɣuri d timesliwt igerrzen !

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Le chacal et le lion – L’assemblée des animaux (1)

Jadis, les animaux, réunis en assemblée générale, jurèrent de ne plus s’entre-dévorer et de vivre en paix sur la terre. Ils nommèrent le lion Roi (Dieu étant l’unique Roi), élaborèrent des lois et instaurèrent des sanctions.

Le lion fixa sa résidence dans une vaste forêt avec sa cour composée, à ce qu’on raconte, du chacal, du sanglier, de la hase, de l’âne, de la poule et de la vache. Chacun avait envers lui ses devoirs : le sanglier servait au lion de matelas, le chacal de couverture et la hase d’oreiller ; la poule lui pondait des œufs, l’âne transportait le bois et la vache lui donnait du lait.

Les animaux vivaient en paix : la chèvre pâturait en compagnie du chacal ! Tous étaient satisfaits, car la tranquillité garantit le bien-être. Bref, ils auraient eu la belle vie si le chacal, conseiller du lion, n’avait tout détruit. Coutumier de toutes les traîtrises, il était mécontent de cette organisation. Il regrettait l’ancien état de choses et au souvenir de la chair fraîche et du sang chaud, désormais interdits, il se sentait devenir fou. Que faire ? Désobéir ? Les griffes du lion étaient acérées et sa justice expéditive. Alors il se décida à user de ruse, à exciter secrètement l’un après l’autre les courtisans, à désobéir…. Un véritable travail de démon.

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Uccen d yizem – Agraw n iɣeṛsiwen (anejmuɛ n lewḥuc)

Deg wakkud (zzman) amezwaru, jemmelen iɣeṛsiwen (nnejmaɛen lewḥuc), akken llan, myeɛhaden ur myuččen, ad hennin di tuddert (ddunnit). Semman izem d agellid fellasen, (ay d agellid, ɣas Ṛebbi !). Eṛsan tilas d inagan.

Izem yezdeɣ di teẓgi tameqqrant, netta d wuccen d yilef d tewtult d weɣyul d tyaziṭ d tfunast. Llan d ixxedamen-is, ff akken d-ssawalen tamacahutt. Yal axxedim iqqeṭṭu-yas ṣṣalḥa : ilef yeggan fellas, uccen yeddal yis-s, tawtult yessumut-itt, abareɣ yettagem-as-d aman, aɣyul izeddem-as-d isɣaren, tayaziṭ tettarew-as-d timellalin, tafunast tettak-as-d ayefki.

Hennan yiɣeṛsiwen (lewḥuc) : teksa taɣaṭ d wuccen ! Ferḥen, acku talwit (lehna) yeḍmen leɣna. Lḥaṣul, ṣeggmen tuddert (ddunnit) lukan ur asen-tt-yessxeṣeṛ ara wuccen yerra yizem d amṛayi. Uccen ur yefṛiḥ ara s uṣeggem-agi n tuddert (ddunnit) : yuɣ tannumi yekkat timeɣriwin; yendem f tallit (liḥala) taqdimt : mi d-yesmekti aksum azegzaw d idammen yeḥman, ad as-yuɣal d tisselbi. Ass-a ḥermen : acu ara yili wi-xedmen ? Ad yeɛṣu ? Accaren n yizem qeḍɛen, leḥkem-is akk nniḍen. Ihi, ijebd-ed taḥraymit, yessefra ad yessefreq g ixxedamen n yizem s tuffra yiwen yiwen, ad yuɣal d imciṭni.

 

Si Mohand – L’épreuve d’amour

Cette lecture proposée par un adhérent est celle d’un texte du très grand Si Mohand ou Mhand (présumé né entre 1840 et18 45 – décédé le 28/12/1905).

Deuxième parti du XIXᵉ siècle, il  décrit dans son œuvre une société kabyle bouleversée et dépossédée par le colonialisme. Ses textes sont courts, incisifs et accompagnent sa vie d’errance et de poète du peuple. Peu de poètes auront avec leur œuvre et leur vie, autant que lui fait corps avec leur peuple et sa langue.

Découvrez ou redécouvrez ce génie classique du verbe kabyle dans l’ouvrage que Mouloud Mammeri lui a consacré (Les isefra, poèmes de Si Mohand Ou Mhand / paru en 1969).

Taluft n Tayri             L’épreuve d’amour

Lemnam agi d bu-tlufa                      Décevants sont les rêves

Urgaɣ Yamina                                      J’ai crû voir Yamina

Attaya m-udem imserri                     S’avancer le visage plein de grâce

Lebsa-ines d lfuda                              Elle portait la fouta (foulard kabyle)

Agus d sfifa                                          Ceinture de fil de laine

Taksumt-is d afilali                            Son teint avait l’éclat du filali (cuir rouge scintillant)

Ukwiɣ-d ur ufiɣ ara                           Je m’éveillais et rien

Wwteɣ di tsumta                               Je m’en pris à l’oreiller

Fkiɣ-tt lwaɛd imeṭṭi.                         Et fondis en larmes.

 

Déraciné et seul, Si Mohand devient un poète errant. Il emprunte à son expérience les thèmes de l’exil, de l’amour de sa terre natale, de l’amour et du destin. Le poète aurait par ailleurs juré de ne jamais répéter deux fois le même poème, de sorte que seule la mémoire populaire a permis de conserver son œuvre.

Les Isefra (le mot signifie les « poèmes » en berbère, au singulier Asefru), ont été publiés sous forme de recueils à plusieurs reprises, notamment par Amar n Said Boulifa en 1904, Mouloud Feraoun en 1960, Mouloud Mammeri en 1969 (et Larab Mohand Ouramdane au Maroc en 1997). D’autres poèmes de Si Mohand ont été recueillis et publiés à compte d’auteur à Alger en 2000 par Younes Adli.

Un siècle après sa mort, une stèle est érigée à la mémoire du poète errant à Akbou (vallée de la soummam).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_Mohand_Ou_Mhand

https://kab.wikipedia.org/wiki/Si_Muḥend_u_Mḥend

credit photo : @berberewoman

Oublié (Win Ttun)

Pour sa 23ème édition Tafsut Imedyazen (Printemps des Poètes) a pour thème « le désir ».

Le choeur Tilawalin nous fait découvrir deux textes du poète lyonnais Malek CHELIL (1952-2004). Vous constaterez son talent en français, comme en berbère. La poésie n’a pas de frontière. Elle fait vibrer toutes les langues.

Mise en musique : Yuva Mohammed Maakni.

ɣer ar zdat

CHANTS PAIENS DE KABYLIE

                 CHANTS PAIENS DE KABYLIE

                        « Tiwizi, izlan n at-wagrakal »

Un projet et un travail sur la musique et la poésie sacrées kabyles.



les auteurs de ce double CD (textes et traductions inclus) nous proposent de faire sentir et de faire entendre l’étendue des racines de la Kabylie et de ce que pouvait être le divin pour les ancêtres, grâce à la force de leurs liens avec Dame Nature.
Chanter les dieux grecs et latins en kabyle, sur des mélodies traditionnelles, interprétées par différents artistes, c’est le voyage homérique proposé par les auteurs : Ameziane Kezzar et Mohand Lounaci.


Et c’est tout simplement magnifique ! A découvrir…..


Un autre projet est à découvrir dans son entièreté
http://tisnalalit.com/index.php/2017/05/20/chants-paiens-de-kabylie/

 

 

ALI AMRAN TIDYANIN

UNE NOUVEAUTE MUSICALE….

Ali Amran nous offre ses dernières créations dans un CD intitulé « Tidyanin » (péripéties). 11 titres de chansons excellemment écrites, interprétées avec une grande maîtrise sur des textes qui nous interrogent toutes et tous, sans oublier sa musique style folk et/ou pop-rock qui garde malgré tout le chaloupé kabyle.


Ce magnifique artiste nous offre une création particulièrement aboutie dans ce nouvel opus.


Chapeau Monsieur Ali Amran !
Awal apprécie l’artiste que vous êtes !