Chanter Idir ensemble

Afin de faire vivre les chansons du grand artiste IDIR, nous vous invitons à apprendre certains de ses chants. Nous avons créé un dossier spécial (voir bandeau bleu ci-dessus) que nous nourrirons dans la perspective de les entonner tous ensemble lors d’un prochain évènement culturel.

La chanson-titre du légendaire album « Ay arrac-nneɣ », est structurée par la simplicité poétique de la langue kabyle. Elle exprime le déracinement des jeunes, et l’espoir parce que la vie continue et que les générations se succèdent en se transmettant des valeurs fortes comme la droiture et la dignité.

Iwakken a iddirent tizlatin n unaẓur ameqqran Yidir, nebɣa a ttisinem kra n tuɣac-is. A tent-ncennu yidwen deg waṭas yidneɣ i userbeḥ n useggas amaziɣ amaynut Yennayer d-iteddun, di tzeqqa n Wexxam n Tiɣremt n Lyun.

La traduction proposée ci-dessous est une approche du message. En kabyle le texte est simple, fluide, évocateur. La traduction française ne transcrit malheureusement pas tous les sens et les dits et non-dits. Faites-nous parvenir votre proposition de traduction : association@awalgrandlyon.net

ɣer ar zdat

Idir, Lyon et Zina

Témoignage – Zina, adhérente de longue date apporte son témoignage sur sa rencontre avec Idir à Lyon. Un homme simple, humble, tranquille porteur d’une culture, de l’espoir de vie d’une langue et acteur de toutes les libertés. Il savait parler aux plus anciens comme aux enfants des nouvelles générations toujours avec considération, respect et bienveillance. Allez, Zina, raconte-nous ce beau souvenir avec tes mots et tes émotions :

Le souvenir que je garde est son dernier passage dans les salons de l’Hôtel de Ville pour le Nouvel An berbère, organisé par l’Association Awal Grand Lyon, en 2014, qui a marqué les esprits par la foule d’invités, si dense.

J’étais chargée de rester auprès de lui afin de répondre à ses besoins avant son passage sur scène. Mais préalablement le Maire de Lyon de l’époque, en plus d’être fan, a souhaité le rencontrer spécifiquement dans son bureau et c’est à cette occasion qu’IDIR a reçu la médaille de la Ville de Lyon.

 Je connaissais l’artiste à travers ses CD, ses concerts donnés sur les différentes scènes de Lyon et de la région. Des concerts où il créait un climat particulier avec ses belles mélodies qui s’adressaient à l’âme de chacune, de chacun. Ses concerts étaient immuables, mais je n’étais pas lassée.

 Mais ce soir-là, j’ai rencontré un homme modeste, simple dans son attitude, malgré sa notoriété. Il n’avait pas le comportement exigeant, voire égotique qu’on pourrait trouver, peut-être, chez certains autres artistes.

J’ai souhaité lui faire signer mes disques 33 tours collector aujourd’hui (ses premiers enregistrements), ce qu’il a accepté avec plaisir. 

Son calme était apaisant pour moi qui étais l’une des bénévoles, un peu stressée, par cette  célébration de Yennayer.

Au moment d’entrer sur scène, il s’est préparé tranquillement, il a mis sa chemise rouge, a pris sa guitare et… revient sur ses pas pour me dire « j’ai oublié de mettre mes lunettes ». Il n’en avait sans doute pas ou moins besoin au quotidien, mais pour respecter son image vis-à-vis de sa maison de disques, il devait les porter. « Ce sont des verres blancs, me dit-il, en souriant » !

Il est parti, précédé par un autre bénévole de la soirée, à la rencontre de son public…. Je l’ai retrouvé au dîner après sa prestation.

 En repensant à cette image d’un homme marchant vers ce pourquoi il était venu, je l’imagine aujourd’hui en ce jour anniversaire, marcher dans la lumière de sa Kabylie natale ou au pays imaginaire de la mort et de la vie !

 Idir est vivant, oui, car telle est la signification de son prénom.

Zina

Aɛssas n teqbaylit

Idir, protecteur de la culture et de la langue kabyles

Chaque maison a des protecteurs qui veillent sur elle. Pour sûr, Idir est aujourd’hui un protecteur de la maison berbère. Yal axxam yesɛa iɛssasen i t-ittḥuddun, Yidir atan tura d amastan (amḥaddi) n wexxam amaziɣ.

Ce sont des artistes comme qui nous éveillent. Ils nous laissent un message pour aller de l’avant. D inaẓuren am netta iɣ-yessakwayen. Ttaǧǧan-aɣ izen akken a neddu ar zdat.

 

 

Comment te dire Merci ? Comment te dire Au Revoir ? Ô Maître des mots, les larmes assèchent la bouche.

Tendons nos mains jointes, paumes ouvertes vers le ciel, et tu nous verras d’en haut. Tu es maintenant Étoile parmi les Étoiles dans l’Univers des Justes.

Idir, Hamid tu n’es point mort. Tu te reposes dans nos cœurs. Tu vis pour toujours en un souvenir lumineux dans les matins et les nuits de ceux et celles qui t’aiment, si nombreux dans tous les pays.

A présent lorsque nous lèverons nos yeux vers la voûte céleste, nous te verrons avec ta guitare faisant ondoyer les poèmes kabyles.

Idir tu nous as rassemblés comme un des peuples de la culture et de l’honneur. Nous suivons le noble chemin de ceux qui connaissent leurs parents. Tu as redonné aux êtres la foi dans ce qu’ils sont.

Les fruits de ton travail aujourd’hui et demain grandiront avec nos enfants.

L’âme de tes chansons est un collier que tu as forgé entre nous par-dessus la rivière de l’oubli.

Merci Idir, ô ami éclatant de la liberté et de la poésie !

Repose en paix parmi mille soleils.


Amek ara k-nini tanemmirt ? Amek ara-k nini ar tufat ? Ay agellid n wawal, imeṭṭawen sggugmen imi.

A nessend urawen, ifassen llin s igenni, a-ɣ d-ẓerreḍ kečč g usawen. Tura aql-ak d itri ger yitran n umeɣrad n uɣdimen .

Yidir, Ḥamid ur temmuteḍ ara ! Tessumeteḍ ulawen-nneɣ. Tettiddireḍ i yakkass d asmekti n tafat di tnezzayin d wuḍan n wid d tid i k-iḥemmelen, d izumal di yal tmura.

Ssya d asawen m’ara nreffed allen-nneɣ s igenwan a k-nwali s tgitart-ik tetthuzzuḍ isefra n teqbaylit.

Yidir, tessgreweḍ-aɣ-d d yiwen weɣref n yidles d userhu. Neṭṭef abrid amajeɣ n wid yessnen imarawen-nsen. Terriḍ-d i yemdanen taflest deg wayen llan. Igumma n umazil-inek, assa-a d uzekka tarwa yissen ara d-tekker. Taneffut n tzelatin-inek d azrar i tḥeddaḍ geranaɣ sennig wasif n tattut.

Tanemmirt a Yidir, ay amidi aseflalay n tlelli d tmedyazt !

Sgunfu di talwit ger wagim n yiṭijen !

Aɣyul n baba Lewnis

Voici un texte d’Ameziane Kezzar. Il s’agit d’une adaptation au contexte kabyle du poème de Paul Fort « le petit cheval blanc« .

Georges Brassens l’a mis en musique.

Atan yiwen weḍris sɣur Ameẓyan Kezzar. Yerra ar umnaḍ aqbayli asefru  » ayyis (aɛudiw) awezzlan amellal » n umedyaz Paul Fort. Isudes-as aẓawan u icenna-t Georges Brassens.

Ecouter, voir le texte et sa traduction (attention il s’agit de la traduction du kabyle vers le français de l’adaptation d’Ameziane Kezzar, et non du texte original d’inspiration du poète français Paul Fort).

Sel, ẓer aḍris d tsuqqelt-is si weḍris s teqbaylit ar tefransist


Une perle berbère tirée de l’ouvrage d’Ameziane Kezzar « Brassens : Tuɣac d isefra » . Editions / Tiẓrigin Achab 2015.

 

Aɣyul n baba Lewnis                      L’âne de papa Lounis

Ur yessin tafsut                                       Ne connaît pas le printemps.

Ḥaca ccetwa mm wegris,                       Il n’y a que le gel de l’hiver

I t-yeṭṭfen di tmurt.                                 Qui le retient au pays.

Aɣyul n baba Lewnis                      L’âne de papa Lounis

Yezga di lexla.                                          Vit à la campagne (à l’extérieur)

Akkenni i d-yusa wass,                          Dès que le jour se lève

A t-yeks umeksa !                                   Le berger le fait paître !

Aɣyul n baba Lewnis                     L’âne de papa Lounis

Yezga d aqlaqal.                                     Va en claudiquant

Ulac ɣer wac’ara iḥir,                            Il n’y a rien pourquoi se presser

Yegwra neɣ yezwar.                              Qu’il suive ou qu’il précède.

Aɣyul n baba Lewnis                     L’âne de papa Lounis

Yezga yettaḍsa.                                      Est toujours satisfait

Ɣas tabarda af weɛrur-is,                    Même avec un harnais de plomb sur son dos

Tiɣrit, rrekba…                                     Les coups, les voyages…

Aɣyul n baba Lewnis                  L’âne de papa Lounis

Ssnen-t akw medden.                        Tout le monde le connaît

Di taddart m’a d-iɛeddi,                    Quand il traverse le village

Arrac akw feṛḥen.                               Tous les enfants se réjouissent.

Aɣyul n baba Lewnis                 L’âne de papa Lounis

Yemmut deg uḥeggan.                      Est mort par mauvais temps

Yemmut ur yeẓri tafsut,                   Il est mort sans voir le printemps

Arrac akw cfan.                                  Tous les enfants s’en souviennent.

Vocabulaire / Amawal :

Aqlaqal : qui claudique, n’est pas d’aplomb

iḥir : se presser

tabarda : harnais (de plomb)

tiɣrit : les coups

rrekba : voyages

aḥeggan (u) / iḥegannen (calendrier agraire) : période de mauvais temps de l’année agricole d’une quinzaine de jour qui s’étend de fin février à début mars ; habituellement période de froid et de vent.

 

ɣer ar zdat

Tazemmurt

 

Newwi-yawen-d tasuqqelt n yiwen weḍris « Tazemmurt » n Mulud N At Maɛmmar. Yura-t s tefransist, yerra t-id ar teqbaylit-tamaziɣt Ḥamid Bilek. Tasuqelt-a teffeɣ-d di tesɣunt Tamaziɣt Tura (uṭṭun 14 – Duǧamber 2017), deg uṭṭun amuzzgan ilmend n umulli wis 100 n tlalit n umyaru amnadi Mulud Maɛmmeri.

Isekla (ṭṭur), di tefsut i d-ttakken afriwen d igumma, tazemmurt nettat di tegrest mi weɛrrit wussan. S teddukli i d-ttawwin imnayen n tifawin, tilelliyin i talsa.

Nbudd-awen taɣuri d timesliwt igerrzen.

Tazemmurt

Tazemmurt d aseklu ɣlayen ɣur-i, d tin yesɛan azamul meqqren. D aseklu n tmurt-iw. Nettaf deg-s tugget n tuluɣin. (…) yessawal i tegmat am wakken i nettnadi fell-as nekkni.

Mačči kan d aseklu yulin, yesgem deg yigenni am wid n tmura-nwen (bɣiɣ ad d-iniɣ wid n ugafa n Yillel Agrakal, n tlemmast n Uṛup d wid n Asya).

Tazemmurt-nneɣ teḥced, teqqulleẓ, teḥḥercew. Mi ara tt-twaliḍ s ufella ad tt-twaliḍ wwten deg-s yiɣisan, maca d tin iǧehden, izemren i umbeddal n lḥal d walluy neɣ d uṣubbu n tfesniwin. Tettqabal tagrest qessiḥen d yiɣurar n unebdu. Tezger-d acḥal d lqern.

Tikkwal ad temlileḍ azeqqur n tzemmurt yeqqur amzun d aẓru. Tizemrin-nneɣ cfant-d i yibabaten-nneɣ d lejdud-nneɣ.

Kra n tzemrin nettak-asent ismawen am wakken d timeddukkal-nneɣ, d tulawin-nneɣ (ɣur-neɣ isekla akk d untiyen. Cudden ɣer tudert-nneɣ n yal ass, ɣer iḥulfan-nneɣ am icuḍaḍ n ubernus yettrusun ɣef tuyat-nneɣ).

Ula d amnekcam neɣ aɛdaw-nneɣ, mi ara ɣ-yebɣu lemḍarra, yesserɣay neɣ igezzem tizemrin-nneɣ, imi yeẓra d tizemrin i d rruḥ-nneɣ.

Ma tejreḥ tzemmurt tejreḥ tfekka-nneɣ. Tazemmurt-nneɣ tedder, tettḥussu am nekkni, d timsal lqayen i tt-iceɣben. Ur tecliɛ ma tecbeḥ neɣ ur tecbiḥ i tmuɣli. Ur tḥemmel ara ayen akk isehlen di ddunit. Am nekkni.

Ma ur twehmeḍ ara, ula d aɛeqqa-s di tegrest i yettewwa, deg lawan anida isekla-nniḍen akk sseɣlin ifer, staɛfan. Ageffur yal ass, tikkwal yessa-tt udfel, kullec yegres.

Akken, irgazen heggan allalen ilaqen, tulawin begsent, ad qablen ddunit i usemmiḍ, a d-zwin, a d-cerrwen, ad leqḍen, ad bibben lɣella deg talwit d lehna.

Iwakken ad tawḍeḍ ɣer useklu, yella wanida ilaq ad tt-zegreḍ asif akken yeḥmel di ccetwa. Yettawi idɣaɣen, yettawi ṭṭjur, tikkwal ula d imdanen ddan deg uḥemmal. Ayen yebɣun yili !

Ulac d acu izemren aɣ yeḥbes ur nḥedder ara, ur nettekkay ara deg lferḥ yecban wa.

Ttmektayeɣ-d ar ass-a, mi ara nruḥ s iger n uzemmur d-yussan akkin i wasif -akken yebɣu yili lxaṭer-is yers am tyemmat neɣ icewwel am tyambabat- cfawat-agi ur tteksent si gar wallen-iw akka alamma d lmut.

Amawal / Vocabulaire :

Aseklu / isekla = ṭṭejṛa / ṭṭjuṛ

Azamul / izamulen : symbole

tugget : quantité / ensemble/ essentiel

tuluɣin : aluɣu/ tuluɣin : patience endurance peu commune;

luɣ : qqn qui supporte sans se troubler ni chercher à changer

yettluɣu, yettluɣ

Lebḥer ma iluɣ ! Expression idiomatique qui se dit d’une personne qui supporte sans se troubler et sans chercher à se venger : la mer ne se trouble pas pour des riens. Il a une endurance, une patience peu communes. (Luɣ / Dallet page 458)

Comprendre :

Nettaf deg-s tugget n tuluɣin : On trouve en lui quantité de qualités d’endurance et de patience..

agafa (u) : nord

Yillel Agerakal : Mer Méditerranée

iɣisi/ iɣisan : fissure

tafesna / tifesniwin : degré / échellon

aɣurar / iɣurar : sécheresse

unti / untiyen : féminin

acḍaḍ / icuḍaḍ = ijifeṛ (pan de vetement)

aḥulfu / iḥulfan = afray / afrayen (sentiment)

amnekcam / imnekcamen : intrus/ envahisseur

tafekka / tifekkiwin : corps

lemḍarra : nuisance, qui fait du tort / gene, tort, dommage

urr (ar) : faire du tort

ḥussu : sentir (ressentir)

tamsalt/ timsal : problème (taluft) / affaire (tadyant)

lqayen : profond

ceɣben : préoccupé / etre préoccupé / Iceɣb-itt mmi-s imi yeggan aṭas (Son fils la préoccupe car il dort beaucoup).

tamuɣli : vision / point de vue / regard

tagrest = ccetwa

allal / allalen : instrument/ moyens / outils

cirrew : frisonner (a d-cerrwen : ils vont y frissonner)

lqeḍ : ramasser / leqḍyan (les emplettes)

lɣella : butin

amdan/ imdanen : un individu/ une personne

aḥemmal : la crue / le débordement

cewwel : perturber/ tourmenter qqn

tayambabat / timyambabatin : maratre / belle-mère

L’olivier

Nous vous proposons un texte de Mouloud Mammeri qui décrit et parle de son arbre préféré. S’agissant de l’olivier, ce point de vue de Mouloud Mammeri avec son  histoire sa sensibilité, est un témoignage puissant de la vie en Kabylie. Il charrie une philosophie qui met en valeur une relation immuable de respect de la terre et du végétal dans la rudesse, la peine et la joie.

 

« L’arbre de mon climat à moi, c’est l’olivier ; il est fraternel et, à notre exacte image. Il ne fuse pas d’un élan vers le ciel comme vos arbres gavés d’eau. Il est noueux, rugueux, il est rude. Il oppose une écorce fissurée mais dense, aux caprices d’un ciel qui passe, en quelques jours, des gelées d’un hiver furieux, aux canicules sans tendresse. A ce prix, il a traversé les siècles. Certains vieux troncs, comme les pierres des chemins, comme les galets de la rivière, dont ils ont la dureté, sont aussi immémoriaux et impavides aux épisodes de l’histoire ; ils ont vu naître, vivre et mourir nos pères et les pères de nos pères. À certains, on donne des noms comme à des amis familiers ou à la femme aimée (tous les arbres chez nous sont au féminin) parce qu’ils sont tissés à nos jours, à nos joies, comme la trame des burnous qui couvrent nos corps. Quand l’ennemi veut nous atteindre, c’est à eux, tu le sais Jean, qu’il s’en prend d’abord. Parce qu’il pressent qu’en eux une part de notre cœur gît et…saigne sous les coups.

L’olivier, comme nous, aime les joies profondes, celles qui vont par delà la surface des faux-semblants et des bonheurs d’apparat. Comme nous, il répugne à la facilité. Contre toute logique, c’est en hiver qu’il porte ses fruits quand la froidure condamne à la mort tous les autres arbres. C’est alors que les hommes s’arment et les femmes se parent pour aller célébrer avec lui les noces rudes de la cueillette. Il pleut souvent, il neige, quelquefois il gèle. Pour aller jusqu’à lui, il faut traverser la rivière et la rivière en hiver se gonfle. Elle emporte les pierres, les arbres et quelquefois les traverseurs. Mais qu’importe ! Cela ne nous a jamais arrêtés ; c’est le prix qu’il faut payer pour être de la fête. Le souvenir que je garde de ces noces avec les oliviers de l’autre côté de la rivière -mère ou marâtre selon les heures – ne s’effacera de ma mémoire qu’avec les jours de ma vie… ».