AKKIN I TSUSMI (au-delà du silence)

Pièce de théâtre en kabyle

Samedi 03 juillet 2021 à 19h30

Résumé : Un couple kabyle – vivant à Paris – attend l’arrivée de leurs amis qui devaient venir pour le dîner, mais ils n’arriveront jamais…
Inquiétant. S’agit-il d’un malheur, d’une séparation, d’un cambriolage ?
A chercher les raisons de cette absence, le couple se dispute au sujet de leurs amis. La femme prend la défense de son amie Nadia et l’homme de son ami Kamel.
A confronter leurs visions radicalement opposées, ils enchaînent les quiproquos absurdes.

Théâtre Acte 22

32 Quai Arloing

69009 Lyon

métro D – Valmy

Réservations :

https://www.helloasso.com/…/piece-de-theatre-en-kabyle

ou via le site du théâtre ACTE 2 :  https://www.acte2theatre.fr/

ou par tél. 04 78 83 21 71

 

« Méditerranée, de rivages en visages »

 

LE CHANT TRADITIONNEL REDÉCOUVERT ET TRANSMIS

En partenariat avec le Conservatoire de Musique de l’agglomération Villefranche –Beaujolais – Saône, Awal Grand Lyon – dans le cadre de sa mission pour faire vivre et partager la culture berbère comme culture de France –  a apporté sa contribution à un projet artistique et pédagogique à l’attention d’enfants de 9 à 10 ans.

Ainsi, au sein du projet « Méditerranée, de rivages en visages » conçu et dirigé par Ouarda Lux professeur de chant et chef de chœur au conservatoire, la culture berbère a été mise à l’honneur sur trois temps importants :

Vendredi le 21 mai 2021  de 14 h 30 à 17 h : présentation au Conservatoire de la culture et du chant traditionnel berbères à deux classes CHAM (classe horaire aménagé), pour des enfants qui suivent un enseignement spécialisé d’éducation musicale  et auprès d’élèves de cursus classiques.

 En l’église de Rivolet :

Samedi 12 juin 2021 concert  à 16 h, des élèves du Conservatoire ont, dans leur répertoire, intégré et interprété un chant berbère  transmis par Ouarda Lux « gug a memmi gug », berceuse chaouie, collectée auprès de Abdelhamid Aksa  à Menàa dans les Aures, en août 2003.

 

Ouarda Lux à son tour, a interprété, en hommage à Idir, « a vava inouva »

 

Concert de clôture à 20 h,  le chœur franco-berbère Tilawalin a présenté son répertoire de chants traditionnels et populaires durant 1h15, sous la direction vocale et artistique de Ouarda Lux,

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La bise et le soleil : fable d’Esope* en kabyle

Aḍu d yiṭij : tamacahutt n Izup s teqbaylit

La bise et le soleil se disputaient, chacun assurant qu’il était le plus fort.

Abeḥri d yiṭij temqelaεen, yal yiwen la yeqar d nekk ig ǧehden.

Quand ils ont vu un voyageur qui s’avançait, enveloppé dans son manteau,

Melmi wallan amsebrid i d-iţţedun deg bernus,

ils sont tombés d’accord que celui qui arriverait le premier à le lui faire ôter

serait reconnu comme le plus fort.

msefhamen, win i s t-iseɣlin d amenzu yerbeḥ wayeḍ.

 

 

 

La bise et le soleil se disputaient, chacun assurant qu’il était le plus fort.

Abeḥri d yiṭij  temqelaεen, yal yiwen la yeqar d nekk ig iǧehden.

Quand ils ont vu un voyageur qui s’avançait, enveloppé dans son manteau,

Melmi wallan amsebrid i d-iţţedun deg bernus,

ils sont tombés d’accord que celui qui arriverait le premier à le lui faire ôter

serait reconnu comme le plus fort.

msefhamen, win i s t-iseɣlin d amenzu yerbeḥ wayeḍ.

Alors, la bise s’est mise à souffler de toutes ses forces mais plus elle soufflait,

Ihi abeḥri isuḍ s ufud yesɛa (mebla ceha) , maca

plus le voyageur serrait son manteau autour de lui.

Amsebrid-nni imttuttel deg ubernus-is.

Finalement, elle renonça à le lui faire ôter.

Dɣa abeḥri yeḥbes asuḍu.

Alors, le soleil commença à briller et au bout d’un

Ihi iṭij yebda afeǧeǧ

moment le voyageur, réchauffé, ôta son manteau.

alamma iseḥma amsebrid-nni, yekkes abernus-is.

Ainsi, la bise dut reconnaître que le soleil était le plus fort.

Akka i yesṭeɛref ubehri, d iṭij ig ǧehden fell-as.

  • Ésope (en grec ancien Αἴσωπος / Aísôpos, VII – VI siècle av. J.-C. ) est un écrivain grec.
  • Izup ( s tgrigit taqdimt Αἴσωπος / Aísôpos, VII – VI awines uqbel. Sidna.Ɛisa) d amyaru agrigi.

 

Iles ⵉⵍⴻⵙ // concert samedi 12 juin 20 h

 

 

Un voyage poétique et musical en terre de Kabylie à travers un répertoire de chansons kabyles immortelles et de nouvelles compositions.

A découvrir ou à …… re-découvrir !

 

Théâtre La boîte à gant

4-6 rue Pierre Blanc

69001 Lyon 

Entrée : 10,00 euros.

Jauge limitée : réservation obligatoire, envoyer un mail : laboiteagant@gmail.com

Le chacal et le lion

Nous ouvrons une nouvelle page bilingue français-berbère à l’attention particulièrement des familles et des enfants pour faire découvrir, en vrai par le texte, le patrimoine des contes d’Afrique du Nord. Nous vous souhaitons bonnes lecture et écoute !

Atan neldi asebter amaynut asinutlayan tafransist-tamaziɣt i twaculin d tarwa akken ad issinen – s tidett deg yeḍrisen – ayla n tmucuha n Tefrikt Ugafa. Nbudd-awen taɣuri d timesliwt igerrzen !

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Le chacal et le lion – L’assemblée des animaux (1)

Jadis, les animaux, réunis en assemblée générale, jurèrent de ne plus s’entre-dévorer et de vivre en paix sur la terre. Ils nommèrent le lion Roi (Dieu étant l’unique Roi), élaborèrent des lois et instaurèrent des sanctions.

Le lion fixa sa résidence dans une vaste forêt avec sa cour composée, à ce qu’on raconte, du chacal, du sanglier, de la hase, de l’âne, de la poule et de la vache. Chacun avait envers lui ses devoirs : le sanglier servait au lion de matelas, le chacal de couverture et la hase d’oreiller ; la poule lui pondait des œufs, l’âne transportait le bois et la vache lui donnait du lait.

Les animaux vivaient en paix : la chèvre pâturait en compagnie du chacal ! Tous étaient satisfaits, car la tranquillité garantit le bien-être. Bref, ils auraient eu la belle vie si le chacal, conseiller du lion, n’avait tout détruit. Coutumier de toutes les traîtrises, il était mécontent de cette organisation. Il regrettait l’ancien état de choses et au souvenir de la chair fraîche et du sang chaud, désormais interdits, il se sentait devenir fou. Que faire ? Désobéir ? Les griffes du lion étaient acérées et sa justice expéditive. Alors il se décida à user de ruse, à exciter secrètement l’un après l’autre les courtisans, à désobéir…. Un véritable travail de démon.

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Uccen d yizem – Agraw n iɣeṛsiwen (anejmuɛ n lewḥuc)

Deg wakkud (zzman) amezwaru, jemmelen iɣeṛsiwen (nnejmaɛen lewḥuc), akken llan, myeɛhaden ur myuččen, ad hennin di tuddert (ddunnit). Semman izem d agellid fellasen, (ay d agellid, ɣas Ṛebbi !). Eṛsan tilas d inagan.

Izem yezdeɣ di teẓgi tameqqrant, netta d wuccen d yilef d tewtult d weɣyul d tyaziṭ d tfunast. Llan d ixxedamen-is, ff akken d-ssawalen tamacahutt. Yal axxedim iqqeṭṭu-yas ṣṣalḥa : ilef yeggan fellas, uccen yeddal yis-s, tawtult yessumut-itt, abareɣ yettagem-as-d aman, aɣyul izeddem-as-d isɣaren, tayaziṭ tettarew-as-d timellalin, tafunast tettak-as-d ayefki.

Hennan yiɣeṛsiwen (lewḥuc) : teksa taɣaṭ d wuccen ! Ferḥen, acku talwit (lehna) yeḍmen leɣna. Lḥaṣul, ṣeggmen tuddert (ddunnit) lukan ur asen-tt-yessxeṣeṛ ara wuccen yerra yizem d amṛayi. Uccen ur yefṛiḥ ara s uṣeggem-agi n tuddert (ddunnit) : yuɣ tannumi yekkat timeɣriwin; yendem f tallit (liḥala) taqdimt : mi d-yesmekti aksum azegzaw d idammen yeḥman, ad as-yuɣal d tisselbi. Ass-a ḥermen : acu ara yili wi-xedmen ? Ad yeɛṣu ? Accaren n yizem qeḍɛen, leḥkem-is akk nniḍen. Ihi, ijebd-ed taḥraymit, yessefra ad yessefreq g ixxedamen n yizem s tuffra yiwen yiwen, ad yuɣal d imciṭni.

 

Mon village (1) – une lecture redécouverte de Jours de Kabylie

Mouloud Feraoun, une plume forte, si expressive et si simple, dans une langue française qui colle au contexte si spécifique de ces « Jours de Kabylie. C’est une lecture rafraichissante qui vous transporte entre le roman et le conte. Peut-on prêter à un village un point de vue singulier et la capacité à l’exprimer ? Bonne lecture et bonne écoute.

Je ne suis pas de ceux qui détestent leur village. j’ai pourtant bien des raisons de ne pas en être fier. Il sait que j’ai voyagé et vécu longtemps ailleurs, mais il s’est habitué à mes retours. Alors, à force de toujours me perdre et de sans cesse me retrouver, il ne fait plus attention à moi. Il ne me craint pas, pour tout dire. Il me réserve chaque fois un accueil très simple avec son visage de tous les jours, exactement comme il reçoit ceux de ses enfants qui l’ont quitté le matin et qui, le soir, rentrent des champs. Cette marque de confiance est touchante, je l’apprécie beaucoup.

Ceux qui y reviennent et en disent du mal, le font un peu par dépit. Ils lui en veulent d’être si laid, et, sans doute, les comprend-il puisqu’à leurs yeux il se fait plus laid lorsqu’ils reviennent de loin après une longue absence, la tête encore toute farcie de belles images. Dans le fond, ils l’aiment bien, quoi qu’ils disent. Ils finissent toujours par le voir tel qu’il est et par lui trouver des charmes, mais, à partir de ce moment, ils s’identifient à lui. Ce ne sont plus des nouveaux. D’autres les trouvent laids qui, à leur tour, ne tarderont pas à ressembler à tout le monde. Spectateur immuable du va-et-vient continuel de ses enfants qui émigrent : notre village nargue les prétentions impatientes et fatigue les longues espérances, il reste égal à lui-même.

S’il accueille sévèrement les nouveaux débarqués, c’est qu’ils apportent avec eux l’air malsain de la ville. Je crois le deviner mais il ne peut pas m’en savoir gré, car il se figure que tout le monde le devine et qu’on fait exprès de le mépriser. C’est ce qui explique son excessive susceptibilité. Il semble dire à chacun de ses enfants prodigues :

Ne fais pas le faraud, mon petit, avec ton beau costume et ta valise. N’oublie pas que ce costume perdra bientôt ses plis. Je m’en charge. Il sera taché d’huile, couvert de poussières invisibles qui lui enlèveront son éclat. J’y mettrai des mites, moi. Et un jour qui n’est pas lointain, tu le sortiras pour le porter au champ quand tu iras défricher. Et alors, tu vois ce qui l’attend ! Ta valise ? Parlons-en ! Je sais où elle ira, cette valise. Sur l’akoufi de la soupente, n’est-ce pas ? – Je suis tranquille. Elle aura le temps de s’enfumer. Tu la sortiras un jour pour t’en aller de nouveau. Elle te couvrira de ridicule dans le train et sur le bateau.

 

A suivre …..